Do not drink

Blog de critique principalement littéraire.

26 novembre 2007

Intermède poétique #4

The Grave of Shelley [Oscar Wilde]

Like burnt-out torches by a sick man's bed
Gaunt cypress-trees stand round the sun-bleached stone;
Here doth the little night-owl make her throne,
And the slight lizard show his jewelled head.
And, where the chaliced poppies flame to red,
In the still chamber of yon pyramid
Surely some Old-World Sphinx lurks darkly hid,
Grim warder of this pleasaunce of the dead.

Ah! sweet indeed to rest within the womb
Of Earth, great mother of eternal sleep,
But sweeter far for thee a restless tomb
In the blue cavern of an echoing deep,
Or where the tall ships founder in the gloom
Against the rocks of some wave-shattered steep

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15 novembre 2007

The Seventh Yorke

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14 novembre 2007

Extrachronisme

    L'histoire m'a longtemps paru antédiluvienne, hors de notre temps, comme une science exacte où l'on apprend des règles immuables, des vérités universelles. Bien sûr, ma vision a radicalement changé et le nombre d'implications de l'Histoire avec un grand H dans notre société actuelle, nos crises internationales, nos conflits sociaux ou nos vies personelles n'a plus besoin de m'être démontré. Mais refaire face à son progamme d'histoire, arracher une photographie formelle d'un bouquin de mon esprit pour enfin voir la réalité des faits, des personnages, est assez troublant.



Gorbatchev...glasnost et perestroïka, dissolution du Bloc Soviétique, URSS... des termes qui résonnent comme des entités intouchables. Chute du Mur, si loin et pourtant si près. Je n'avais pas la conscience des événements, mais j'étais bel et bien né lors de la chute du Bloc de l'Est. C'est inouï d'observer à quelle vitesse un événement passe de l'actualité à la postérité. Déjà, les programmes d'histoire analysent les répercussions du 11septembre et de la guerre en Irak...Eh! Mais j'ai vu tout ça! I was here, devant mon poste de télévision; années de collège, j'ai vécu durant tout cela, en parallèle à tout cela, sans m'en rendre compte et pourtant en y réfléchissant. La limite passé-présent est une chose assez étrange, étrangère (extraneus). Les faits sont là et pourtant, on ne voit pas plus loin que le bout de son nez, nos yeux ne sont décillés que lorsque des pages de papier glacé viennent mettre un nom, une fonction, des tenants et des aboutissants (qui auront changés une bonne demi-douzaine de fois d'ici dix ans) sur un événement.
Au XXeme siècle, l'histoire n'existe plus, elle s'est arrêtée avec la Première Guerre Mondiale, fin de l'ancien monde, des chapitres européocentrés, remplacée par le journalisme, l'investigation. Pas assez de recul, et pourtant, nécessité d'analyser des faits le plus vite possible, comprendre ce qui cloche et comment y remédier. Presque plus d'objectivité, mais interdiction d'être trop subjectif. Tout a une répercussion économique, sociale, géopolitique, environnementale. Il faudrait pourtant attendre 2050 pour commencer à comprendre le début du siècle, avoir un maximum d'éléments en main, avoir été témoin des conséquences. Mais aujourd'hui, le futur est déjà dans nos programmes, spéculation oblige.

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12 novembre 2007

A ne pas rater

Cycle Kubrick sur Arte, avec:
ce soir, 2001, L'Odyssée de l'Espace
mercredi, Orange Mécanique (mon préféré)
jeudi, Le Docteur Folamour
lundi prochain, Lolita
jeudi prochain, Eyes Wide Shut

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06 novembre 2007

En 2007, j'ai écouté...

Bien que l'année ne soit pas entièrement terminée, je peux sans risques de grands changements vous soumettre la liste de mes albums favoris, écoutés, réécoutés, jusqu'à l'épuisement de mes pauvres tympans (ou de la batterie de mon Ipod). En l'an de gâce 2007, la qualité fut au rendez-vous, bien que le printemps m'eut paru maussade. Beaucoup de nouveautés sonores, bien que les radios et autres médias aient croulé une fois encore sous le poids des gimmicks insipides faisant recette. En fouillant quelques peu, on pouvait trouver des rythmes rock, électro, trip-hop ou encore jazz loin d'être désagréables. Mais trêve de paroles, voici mes coups de coeur:

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1. Foley Room [Amon Tobin]
L'un des meilleurs albums de musique expérimentale qu'il m'est été donné d'entendre, toutes époques confondues. Une myriade d'influences, des sonorités nouvelles (sincèrement, avez-vous déjà entendu des cris de fourmi remixés grâce à un moteur de voiture?), des ambiances extraordinairement variées mais pas sans une certaine fluidité, font de ce CD un bijou musical.

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2. In Rainbows [Radiohead]
Encore et toujours: le quintet d'Oxford n'en finit pas de livrer à nos oreilles grandes ouvertes des chansons uniques; ma préférence va à Bodysnachters, un titre envoûtant, schizophrénique et bien mouvementé comme je les aime. Bien que marqué par des ressemblances à Hail to the thief, je trouve ce disque a sa personnalité propre. En attendant le disque bonus.

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3. Volta [Björk]
Pas aussi bon, selon moi, que son prédecesseur Medulla, Volta n'en reste pas moins un très bon album, multi-ethnique, aux rythmes très tribals mais pourtant raffinés. Pas mal de collaborations sur cet album, le rendant encore plus diversifié et surtout énergique, car s'il fallait un seul adjectif pour le qualifier, ce serait bien celui-là.

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4. We Are The Night [The Chemical Brothers]
De l'electro oui, mais psychédélique, voire extra-terrestre. The Chemicals Brothers ont le mérite de me réconcilier avec des genres auxquels j'attache peu d'intérêts, comme le rap ou le hip-hop, présents sur certains titres comme The salmon dance, mais toujours à la sauce électro. L'enchaînement des morceaux manque peut-être de cohésion.

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5. Favourite Worst Nightmare [Arctic Monkeys]
Pas un chef-d'oeuvre, mais un bon continuateur de Whatever People Sat I Am, That's What I'm Not, sur lequel j'avais pas mal accroché. Même si cela reste du rock indie sans prétention, l'album est relativement agréable à écouter. Si le quatuor continue sur sa lancée, le rock anglais a encore de beaux jours devant lui (à quand le prochain Franz Ferdinand?).

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Mauvaise surprise : Icky Thump [The White Stripes]
Un album fade, des chansons tout droit tirées de Elephant, sans nouveautés (le titre Icky Thump n'est qu'un ersatz de Seven Nation Army et de Blue Orchid). Bien sûr, le talent de Jack White fait toujours de lui un guirariste hors pair, mais trop de répétitions alourdissent les chansons et le rock indie disparaît peu à peu sous une couche de hard rock qui ne convient pas au duo de Detroit.

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Bonne surprise: Bring It On [Goose]
Autant le dire tout de suite, ce n'est pas pour découvrir de nouveaux génies de l'électro/clubbing qu'il faut écouter Goose. Mais leur capacité à faire danser est surprenante. Les ayant vu sur scène, je peux attester de l'engouement qu'ils suscitent. Des titres comme Black Gloves ou encore Everybody ont un potentiel de déchaînement assez incroyable. Ce n'est pas du Beethoven électronique, l'écart qui sépare Goose de la mauvaise variété est d'ailleurs mince, et pourtant, au final...
 



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05 novembre 2007

Le voyageur sans bagage [Jean Anouilh]

Une petite pièce de théâtre très simple qui m'a laissée sans voix...
    Après la 2nde Guerre Mondiale, le présupposé Gaston est retrouvé dans un gare de triage, amnésique, sans famille, sans attaches, sans... bagage, ni matériel ni psychologique. Après avoir été interné pendant plusieurs années dans un asile psychiatrique, la Duchesse Dupont-Dufort décide d'organiser des rencontres entre Gaston, et des familles qui se sont vues égarer un membre pendant la guerre.
    Le personne de la Duchesse m'a fait beaucoup rire - bien que ce ne soit pas un livre à tonalité comique.. -, voulant à tout pris donner ce Gaston a une famille aisée plutôt qu'à des ouvriers, choisissant l'ordre dans lequel elle va faire ces visites pour que Gaston ait une vie bien rangée. La première  visite se fait justement chez les Renault, famille assez renommée choisie par la Duchesse pour son statut social. Tout au long de leur rencontre, les Renault croient reconnaître en Gaston le fils Jacques qui avait longtemps vécu avec eux. Gaston, brave homme d'apparence réservée apprend, en quelques minutes, tout son passé, de ses pires violences familiales à ses dépravations amoureuses avec des femmes de chambre, et doit faire le cruel choix entre le reniement de sa famille ou l'acceptation d'un tel passé dont il n'a aucun souvenir et dans lequel il ne se reconnaît pas.

       Je ne suis d'ordinaire pas très sensible au théâtre, mais celui d'Anouilh doit avoir un quelconque pouvoir sur moi, pour subjuguer ma lecture et me bouleverser en un tel point, comme ç'a avait été le cas avec Antigone.
Dans le Voyageur sans bagage réside une réflexion peu commune - ou du moins, que je n'avais jamais lu auparavant - sur l'importance qu'on donne au passé, que finalement, le jugement que l'on porte sur une personne et toujours en relation avec son passé. Le pauvre Gaston - ou Jacques - ne fait office d'aucune remarque sur son actuelle condition lors de sa rencontre avec les Renault, on le condamne simplement à de dures retrouvailles avec son passé, qu'il ne connaît pas lui-même.

     Le dénouement de la pièce m'a beaucoup plus, bien qu'immorale pour certains : nous ne sommes pas si dépendant de notre passé, et ce n'est sûrement pas lui qui fait notre personne, mais plutôt nos l'enchevêtrement de nos actes présents. (Je me sens légèrement influencée par L'existentialisme est un humanisme dans mes paroles, mais tant que je ne passe pas deux-cent pages à expliquer que l'existence précède l'essence, tout va bien pour moi.)

[NB: Just Jack ça ne va pas du tout avec Anouilh mais c'était juste pour le plaisir que j'éprouve à écouter cette chanson ;)]

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01 novembre 2007

L'Iliade [Homère] / Homère, l'Iliade [Alessandro Baricco]

    Nouvelle chute de préjugés. L'Iliade est loin d'être un gros pavé infâme et incompréhensible. (Je n'ai pas été jusqu'à croire ça, mais presque). J'entamai la réécriture de Baricco lorsque la soudaine pensée de lire l'originale m'est apparue à l'idée. C'est à présent chose faite. Les deux lectures se sont entremêlées, croisées, puis complétées.

L'Iliade c'est avant tout LA grande épopée. Celle où les noms célèbres comme Agamemnon, Pâris ou Ménélas prennent tout leur sens, celle où la guerre de Troie est parfaitement contée, ne laissant aucun détail aux oubliettes. J'étais à mille lieues de penser que je pourrais me passionner pour une telle histoire. Néanmoins, j'avoue qu'il manque une grande part d'humanité dans la version d'Homère, et que l'implication divine est trop présente (mais je ne suis pas là pour juger des qualités d'Homère !) celle de Baricco m'a donc beaucoup plus plue à ce niveau.

    Son texte peut paraître étrange ; il s'est fondé sur une traduction italienne d'Homère par Maria Grazia Ciani, qu'il a adapté pour une lecture publique, et qui a, ensuite, été traduit en différentes langues, dont le  français.
"Adapter l'Iliade à une lecture publique" tel était au départ, son but. Selon moi, c'est réussi : l'oeuvre d'Homère n'est pas réduite à néant - bien que réduite, tout de même - : la trame est conservée, ainsi que l'ambiance, les plus infimes détails. La seule chose qui n'est pas passé au travers de la plume de Baricco est l'implication des Dieux. Il a estimé - et je suis d'accord avec lui - qu'elles cassaient la narration en diluant la rapidité des faits. Ainsi; l'oeuvre état presque entièrement dénué de toute présence divine, l'insistance est faite sur les actes humains (secondés par les actes divins chez Homère) et le texte ne peut en être que plus humain, plus logique dans sa destination, dont l'homme est l'ultime coupable.

    La seconde particularité est le point de vue sous lequel la guere de Troie est raconté : elle nous apparaît sous les yeux de différents personnages de l'oeuvre qui racontent ce qu'ils voient, ce qu'ils subissent, ou tout simplement ce qu'il en est. Le résultat est bien sûr un texte encore plus humain, où les sentiments d'Hélène, divisée entre les Achéens et les Troyens sont mieux exprimés que dans l'originale, où la tristesse d'Achille face à la mort de Patrocle ne se fait que mieux ressentir.

    Saines lectures donc, riches en apports mythologiques, culturels et sentiments humains. Malgré certains passages comme ceux-ci :

    "Achille tua Dryops, en le frappant au cou. Et Démouchos, en le frappant d'abord au genou, il le tua avec sa lance, et Dardanos avec son épée. De terreur, Trôs tomba à genoux à ses pieds, en demandant pitié. Ce n'était guère plus qu'un enfant, aussi jeune qu'Achille. Achille lui transperça le foie d'un coup d'épée, le foie fit saillie au-dehors et du corps du héros jaillit un sang noir. Moulios, il le tua d'un coup à l'oreille, la pointe de bronze traversa la tête et ressortit sous l'autre oreille. A l'épée, il tua Echeclos, en lui ouvrant le crâne. De sa lance il frappa Deucalion au coude ; puis de son épée lui trancha la tête : la moelle jaillit des vertèbres, et il tomba, le tronc du héros sur le sol. De sa lance, il transperça Rhigmos au ventre, et tua d'un coup dans le dos son écuyer, Aréithoos. Il était comme le feu qui enflamme l'immense forêt, poussé par un vent impétueux. Le sang coulait, sur la terre noire. Et il ne s'arrêtait plus, avide de gloire, les mains souillées de boue sanglante et de mort."

Ils n'étaient tout de même que des hommes (ou presque, pour certains.)

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Harry Potter and the Deathly Hallows/et les Reliques de la mort [JK Rowling]

  Un double titre pour une double lecture - l'une datant de juillet, l'autre d'il y a quelques jours - qui m'ont laissé un goût amer... La saga Harry Potter, phénomène mondial de "littérature" a tout de même enchanté une bonne partie de mes lectures enfantines, adolescentes.. et j'en passe. A présent, c'est terminé. Certes, ça l'était depuis la sortie du livre en version originale, mais une relecture en français me l'a confirmé.

    J'ai fait pour la première fois connaissance avec Harry Potter en décembre 1999, après que l'on me l'ai offert et cette connaissance a pris fin  presque huit ans après. C'est loin d'avoir été un chef d'oeuvre littéraire dont je me serai délectée des paroles : simplement une histoire connue plus jeune, qui m'a captivée - comme plein d'autres enfants de l'époque - et dont j'ai voulu savoir avidement la suite, poussée à la fois par ma propre envie et la médiatisation.

    Je pense être totalement incapable de juger de la qualité de ce livre, et plus particulièrement en anglais. Enfin, j'ai pu posséder  et lire la fin tant attendue, allant au-delà des mots dans ma lecture, ne prenant garde qu'aux actions, toujours les actions, parmi les aveux croustillants. Après la lecture en version originale, je suis restée sur ma faim ; toute l'atmosphère initiale à la fois simple et magique (sic!) de la saga avait disparu pour laisser place à de sombres profondeurs. La mort, encore et toujours, du sang, des cadavres, des pleurs, des déceptions de.. l'action, en somme. Et quelques révélations tant convoitées. Le plaisir éprouvé à la lecture ne vient  finalement que de ces révélations - tout de même très nombreuses - , du fait d'avoir tant attendu des informations sur tel ou tel personnage, tel ou tel fait, et de les posséder, enfin.
    Je restais tout de même  satisfaite jusqu'à ma lecture en français, qui devait parachever mes connaissances sur l’œuvre afin de pouvoir enfin me dire «  je sais tout, je l’ai bouclée ». C’a été le cas, à certains moments, mais j’ai surtout été déçue de la traduction, comme toujours. Je n’irai pas jusqu’à blâmer Jean-François Ménard (je conçois sûrement mal les difficultés de la traduction d’une œuvre) mais un certain nombre de petits détails – dont le titre – m’ont semblé être le comble de la mauvaise traduction.

Une page se tourne dans l’histoire de mes lectures enfantines, qui m’ont si longtemps suivies ; je ne regrette, cependant, rien, et malgré toute la médiatisation (inutile ?) faite autour de ces bouquins : ce fut tout de même un réel plaisir et un grand sujet de discussions, réactions et polémiques !

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