Do not drink

Blog de critique principalement littéraire.

27 avril 2008

Special guest

Cette année, c'est Monsieur Tarantino qui donne sa Leçon de cinéma à Cannes.

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Posté par Benjamin XY à 21:22 - Films - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


22 avril 2008

Intermède poétique #5


Howl, extrait [Allen Ginsberg]

J'ai vu les grands esprits de ma génération
détruits par la folie, affamés hystériques nus
se traînant à l'aube dans les rues nègres
à la recherche d'une furieuse piqûre, initiés
à tête d'ange brûlant pour la liaison céleste
ancienne avec la dynamo étoilée
dans la mécanique nocturne
qui pauvreté et haillons et oeil creux et défoncés
restèrent debout en fumant dans l'obscurité
surnaturelle des chambres bon marché
flottant par-dessus le sommet des villes
en contemplant du jazz, qui ont mis à nu
leurs cerveaux aux Cieux sous le Métro Aérien
et vu des anges d'Islam titubant illuminés
sur les toits des taudis, qui ont passé à travers
des universités avec des yeux radieux froids hallucinant
l'Arkansas et des tragédies à la Blake
parmi les érudits de la guerre,
qui ont été expulsés des académies pour folie
et pour publication d'odes obscènes
sur les fenêtres du crâne...

Posté par Benjamin XY à 12:50 - Poésies - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le terrorisme de la vertu

Je voudrais tout d'abord m'excuser pour cette longue absence, mais mon (notre) rythme de travail et surtout, ne nous voilons pas la face, mon manque notoire de volonté, ont conduit a la mort lente de ce blog. N'espérons pas trop hâtivement une résurrection tonitruante, mais nous allons tâcher de renflouer ce navire bien englouti par les flots de notre paresse.

    Bien des sujets auraient mérité maintes palabres, mais j'ai choisi de remettre le train sur les rails avec une controverse qui fait couler de l'encre aux quatre coins du globe, ces chers et tendres Jeux Olympiques. Les JO, c'est bien, les JO c'est gentil, aux JO tout le monde s'aime et les inimitiés sont rangées de côté pour un temps. Aux JO, les athlètes sont des héros, les hymnes des tubes et les drapeaux des étendards aux couleurs gracieuses. Aux JO, personne n'aime quand quelqu'un vient gâcher la fête, mais tout le monde est d'accord pour dire que la fête comme cache-misère, c'est mal, c'est pas beau. Aux JO, les anneaux sont un symbole magnifique qui va droit au coeur, un symbole d'union fraternelle. Aux JO, la flamme, elle sert de relai affectueux qui traverse les océans pour créer un pont entre les continents; mais aux JO, se souvient-on que c'est Goebbels sous l'impulsion de Carl Diem, qui a instauré le relai de la torche olympique, comme glorification du IIIème Reich, aux Olympiades de Berlin en 1936?
    Le lourd manteau de bonne volonté dont s'est paré "l'esprit sportif" ne cesse de s'effilocher, et le CIO marche sur l'ourlet, se casse la figure, sans que personne ne le voit (ne veuille le voir) tomber. Pierre de Coubertin était n'était pas un mauvais bougre, il a cependant transformé le sport en nouvel "opium du peuple", mais cela nous ne pouvons le lui reprocher. La moindre des choses de la part du sport serait de reconnaître que dans ce domaine-ci comme dans tous les autres, la politique, l'économie et les intérêts extérieurs sont intervenus, interviennent et interviendront encore longtemps. Il n'y a pas d'exception. David Douillet sur une brique de jus d'orange, prônant les "valeurs sportives" n'y changera rien. Il n'existe pas plus de morale sportive que de morale politique, la morale a une valeur en et pour elle-même, elle ne peut être l'apanage d'une discipline qui s'opposerait soit disant à tous les maux de la Terre: Immanuel Kant et Jacques Rogge ne feraient décidément pas bon ménage.
    Le contexte tibétain est un entrelacs de confusions en tous genres, je ne m'immiscerai donc pas dans ce flot de hors-sujets où tout le monde croit avoir raison, aussi bien du côté chinois que du côté occidental. Ce qui me chagrine en revanche, c'est de voir s'instaurer au sein de notre société un "terrorisme de la vertu", une hégémonie arbitraire de la bonne volonté niaise qui voudrait que l'on suive à la lettre les préceptes qu'elle enseigne. Ainsi, il ne faut pas être gentil parce que l'on sait que c'est bien, mais parce que l'on pense que c'est bien. Les athlètes seraient des êtres venus d'une autre planète, généreux et intouchables, des modèles en somme. Et parce qu'ils représentent les valeurs de l'olympisme, parce qu'ils ont réussi en partant de rien, on ne doit pas leur en demander plus, ils sont champions avant d'être citoyens. Le sport a cependant ses brebis galeuses, et on s'empresse de les clouer au pilori: Marion Jones ne fait alors plus partie du cercle des vertueux et, dans une vision quasi-manichéenne, toute la communauté sportive diabolise ce dopage, instrument du malin. Jeux de dupes, une a été prise la main dans le sac, d'autre courent toujours masqués par un semblant de chasteté.
    Je ne souhaite pas tomber dans les excès que je dénonce, il y a certainement beaucoup de sportifs dont l'honnêteté ne peut être remis en cause, mais vouloir faire du sport un lieu saint, où tout péché est inimaginable et où l'introduction d'enjeux politiques (par ailleurs déjà présents de longue date) constitue un blasphème, est une perspective utopique et non profitable.

Posté par Benjamin XY à 00:29 - Société & Sciences - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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